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SHS Infos

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LETTRE D’INFORMATION « SHS INFOS »

Contexte

Face aux difficultés des acteurs des SHS à accéder à l’information scientifique, l’association Synergie des Sciences Sociales et Humaines (3SH) se propose de produire et diffuser une lettre d’information bi trimestriel dénommée « SHS INFOS ».

« SHS INFOS » rentre dans la mise en œuvre des missions de l’association 3SH à savoir : faciliter l’accès à l’IST et promouvoir la recherche en SHS. Les principaux champs d’action de cette lettre d’information sont l’anthropologie, l’histoire, la psychologie, la santé publique et la sociologie.

Objectifs

  • Diffuser l’actualité des SHS sur le plan national et international
  • Diffuser les différents appels d’offres nationaux et internationaux auprès des acteurs des SHS.
  • Produire une réflexion sur un aspect utile des SHS

Rubriques

La lettre comprend trois principales rubriques à savoir : l’actualité, le dossier et l’opportunité.

  • Actualités : cette rubrique présente les événements en vue dans les champs des SHS ci-dessus évoqués ainsi que les nouvelles publications parues.
  • Dossier : cette rubrique fait un focus sur un thème d’actualité, sur la recherche action ou sur des astuces pratiques pour faciliter la recherche en SHS ou sur les spécificités d’une revue / journal en accès libre.
  • Opportunité : consiste à recenser et diffuser tous les appels d’offres nationaux et internationaux (appels à projets, conférences, publications…)

Diffusion

La lettre sera produite bi trimestriellement et diffusée par mail à tous les contacts de 3SH. Par ailleurs les réseaux sociaux  et les partenaires de 3SH seront également utilisés pour large diffusion.

SHS Infos N° 11

Chers lecteurs de   SHS   infos

En cette période de rentrée scolaire et académique, nous     formulons le vœu que cette nouvelle année soit pour les étudiants en général et pour ceux  des filières SHS en particulier une année d’accès facile à l’information scientifique. C’est pour satisfaire ce vœu que nous publions ce onzième  numéro de   SHS  INFOS qui tisse sa toile de fond autour des questions d’éducation.
La rubrique Actualité présente brièvement deux événements à venir qui sont d’un intérêt indéniable pour les différents acteurs des SHS. Il s’agit des premières journées portes ouvertes de la psychologie clinique et de la 17ème édition des conférences sous l’arbre à palabre.
Le Dossier de la rédaction aborde une question cruciale pour le développement de l’Afrique et du Cameroun en particulier. Il s’agit de la professionnalisation des enseignements. Depuis le double regard d’enseignant et de psychologue,  un décryptage des obstacles et des atouts de la mise en œuvre de la professionnalisation des enseignements au Cameroun. Et si c’était enfin le décollage ? 
La  rubrique  Parutions  quant  à  elle  vous amène à la découverte de l’ouvrage intitulé«Les sciences sociales au Sénégal» publié par le Codesria. Par ailleurs, elle présente également une thèse soutenue au département d’histoire de l’université de Douala ainsi que un article scientifique récemment publié par un enseignant de l’Université de Dschang dans la revue « Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux (n° 56) »
Parmi les  Opportunités du moment, nous avons choisi de vous présenter  un « MOOC » (massive open online course) fort intéressant pour les acteurs des SHS,  et des appels à candidatures lancé par l’AUF et le Codesria en destination des étudiants chercheurs et chercheurs des  SHS.

Bonne  lecture à tous et heureuse reprise à la communauté éducative.

ACTUALITES

Dans le cadre des conférences sous l’arbre à palabres, l’association Synergie des Sciences sociales et Humaines  vous invite à prendre part à la conférence «Les acteurs de l’éducation et la rentrée scolaire : entre incertitudes, difficultés et défis de démarrage de la professionnalisation des enseignements». Vous serez les bienvenues à l’Institut Français Cameroun Douala   le 27 octobre 2016 à partir de 17 heures.

L’association Yan Man-Psy vous convie à la première édition des journées portes ouvertes de la psychologie clinique à Douala V qui se tiendront du 12 au 17 décembre 2016 sous le thème « la psychologie clinique sort des Universités et des cabinets feutrés pour se rapprocher des populations de Douala ». Deux principales articulations seront au menu de ces journées : Tout d’abord des caravanes de sensibilisations, d’information et d’écoute gratuite du 12 au 14 et, des conférences débats dans la salle Saint Albert Le Grand du monastère des sœurs Dominicaines sis à PK-10 Bassa- Douala. L’appel à communication est ouvert et le délai de soumission des résumés est fixé au 15 novembre 2016. Pour plus d’information écrire à l’adresse électronique yanmampsy@gmail.com ou visitez le site www.yanmampsy.cm

DOSSIER

LA PROFESSIONNALISATION DES ENSEIGNEMENTS : ET SI C’ETAIT ENFIN LE DECOLLAGE ?

Intro
CARREL (1935) dans son ouvrage L’Homme, reconnait que le but de l’éducation est de développer chez l’apprenant une « personnalité suffisamment épanouie » lui permettant de mieux affronter sa « vie personnelle et sociale ». Ainsi, les aspects physique, psychologique, intellectuel, moral et spirituel sont mis en avant dans l’éducation dans le but d’autonomiser l’apprenant. Les cadres réservés pour l’éducation peuvent être « formel, informel et non formel ». Dans tous les cas, la finalité est d’aider chaque être humain à s’approprier son environnement pour mieux répondre aux problèmes auxquels il est confronté. Dans ce cas, comment comprendre que les systèmes d’enseignement dans plusieurs pays d’Afrique et au Cameroun en particulier n’arrivent pas encore à former de véritables professionnels ? Était-ce en raison du manque de professionnalisation ?

Etat des lieux

Ces questions nous amènent à émettre l’hypothèse selon laquelle notre système éducatif  n’a pas su identifier nos besoins et former des hommes et femmes en vue d’y apporter des réponses. C’est sans doute ce constat qui a poussé les pouvoirs publics à penser à une réorientation du système éducatif en mettant davantage l’accent sur la professionnalisation dès la rentrée scolaire 2015 – 2016 pour ce qui concerne l’enseignement secondaire et quelques années plus tôt avec l’entrée dans le système LMD[1] pour l’enseignement supérieur.
Kakdeu (2014), faisait déjà un état des lieux du système éducatif camerounais dans lequel il décriait le « manque de professionnalisation de l’enseignement ». En effet, c’est depuis au moins 2001 que l’Etat reconnait le caractère « général » et « pas assez technique » de la formation si l’on s’en tient au décret  N°2001/041 portant organisation des établissements scolaires publics et attributions des responsables de l’administration scolaire.

Il reconnait que des filières professionnalisantes sont créées ; mais indique que l’on y « dénombre plus de 180 000 étudiants-potentiels-chômeurs » en raison des « lacunes » qui plombent la professionnalisation que les pouvoirs publics annoncent pourtant depuis « plusieurs décennies ». Parmi ces lacunes, il note « le manque de matériel pédagogique, le déficit d’un encadrement de qualité, le manque de partenariat avec le monde professionnel qui se traduit par un faible taux d’insertion professionnelle des jeunes lauréats ».

Il met un point d’honneur sur l’incapacité de l’école à capaciter les apprenants à la transformation de leur environnement. L’école d’aujourd’hui prépare davantage l’élève à entrer à la fonction publique.

Il propose une professionnalisation des enseignements qui repose sur « la création des lycées professsionnels » dont les spécialités sont le reflet de l’environnement du milieu. Ces lycées aideraient les jeunes à transformer leur milieu d’une part et à réduire l’exode rural d’autre part. Il s’appuie sur l’exemple suisse pour indiquer qu’au « lieu de continuer à créer chaque année des centaines de lycées d’enseignement général dans les village où les élèves manquent de financement pour faire de longues études, il serait préférable de créer des lycées professionnels pour leur apprendre à transformer leurs environnements respectifs d’agriculture, de pêche, d’élevage, de forêt, de mine, etc. »

Ainsi, ces formations valoriseront davantage les métiers comme l’agriculture par exemple qui, du point de vue des représentations, apparaît comme ce qui est réservé à ceux qui n’ont pas pu s’intégrer dans le circuit scolaire.

Des paroles…

A l’occasion du lancement de la rentrée scolaire 2015-2016, Louis Bapès Bapès, alors ministre des enseignements secondaires annonçait déjà la professionnalisation en la posant comme condition de la contribution de tous les citoyens à la croissance devant porter le Cameroun à l’émergence. Pour opérationnaliser cette décision, il envisageait le renforcement du « partenariat avec les milieux professionnels à travers l’intensification de la formation par alternance école / entreprise et le perfectionnement des enseignants avec les stages en entreprises».

Dans le communiqué rendu public à l’issue du Conseil de Cabinet du Jeudi 26 mai 2016, le premier ministre prescrit une forte professionnalisation des enseignements car « il faut former plus de techniciens et d’ingénieurs ». Cette indication est en elle-même la reprise d’une des résolutions de la Conférence économique internationale de Yaoundé qui stipulait qu’il était nécessaire « d’accélérer la formation professionnelle des techniciens et des ingénieurs, si indispensables à l’industrialisation du pays, notamment pour les projets structurants et notre économie agricole ».

Le 05 septembre 2016, le ministre des enseignements secondaires, Jean Ernest Massena Ngalle  Bibehe a procédé au lancement officiel de l’année scolaire 2016 – 2017. Elle avait pour thème « Intensification de la professionnalisation des enseignements pour une formation plus compatible avec la demande socio-économique ».

On va dire que ces discours des responsables politiques préparaient nos lycées et collèges à suivre le pas emboîté quelques années plus tôt par l’enseignement supérieur.

… Aux actes

Il est vrai que les établissements d’enseignement technique existent au Cameroun depuis plusieurs décennies déjà. En effet, avec les SAR/SM[2], les CETIC[3] et les lycées techniques avaient pour vocation de donner aux apprenants des outils indispensables à leur insertion professionnelle après un circuit scolaire plus court que celui des élèves inscrits dans le circuit d’enseignement général.

Mais, c’est dans l’enseignement supérieur qu’on va observer le souci de former des apprenants qui répondent directement aux besoins du marché. La création des IUT[4]dans les universités d’Etat donne la possibilité à ceux qui y sont reçus d’être une main d’œuvre qualifiée et disponible pour l’emploi seulement deux ans après le baccalauréat. Les IPES[5] emboiteront le pas avec la création des filières de formation dans les filières surtout de service (secrétariat, informatique, comptabilité, gestion…)

Seulement le malaise était resté persistant en regard du potentiel qu’offre le Cameroun. En effet, alors qu’on découvrait les gisements de mine, de fer, de pétrole …, aucune réflexion n’était menée quant à la possibilité de sa transformation sur place. Les multinationales étrangères viennent les extraire pour les exporter. En réaction, l’opinion publique a vu naître, en plus des IUT, la FGI[6] et ISH[7] entre autre dont la vocation est de former les techniciens et ingénieurs des métiers industriels et maritimes.

Toutes ces innovations visant à professionnaliser les enseignements prenaient corps dans l’enseignement supérieur pour la plupart des cas même si on continuait de créer des lycées techniques. C’est finalement en septembre 2016  à l’occasion de la rentrée scolaire que la communauté éducative assistera à l’ouverture du lycée agricole de Yabassi[8] qui dans l’enseignement secondaire technique restera au niveau national restera pour longtemps une référence en raison de son architecture et de la vision qui a soutenu sa création.


[1] Licence – Master – Doctorat
[2] Section d’Artisanat Rural / Section Ménagère
[3] Collège d’Enseignement Technique Industriel et Commercial
[4] Institut Universitaire de Technologie
[5] Institut Privé d’Enseignement Supérieur
[6] Faculté de Génie Industriel
[7] Institut des Sciences Halieutiques
[8] L’établissement professionnel créé à Yabassi dans le Nkam a une superficie de 80 hectares pour un coût évalué à 8,5 milliards de FCFA. Ce lycée agricole est composé entre autre d’ateliers de transformation des produits, de dortoirs, d’un complexe sportif.
Photo du lycée agricole de Yabassi                   Source : actucameroun.com

Le ministre des enseignements secondaires a d’ailleurs indiqué que ce projet n’est que le premier d’une série[1]

Pour conclure :

En octobre 2015, à la suite du remaniement ministériel qui avait vu venir à la tête du ministère des enseignements secondaires Jean Ernest M. N. Bibehe, Emmanuel Nkunke Ngouaba[2] avait fait l’inventaire des « 12 grands défis » qui attendaient le nouveau ministre. Parmi ces défis, le premier était celui de « la faiblesse de la vision globale ». On peut penser au regard des mutations en cours dans les enseignements secondaire et supérieur et qui ont été relevées ci-dessus que le gouvernement avait pris conscience de cette lacune et avait décidé d’y remédier. Le séminaire-atelier qui s’est tenu à Yaoundé du 14 au 16 septembre dernier et qui portait sur «la refonte des programmes dans ces filières dans le système éducatif qui est tributaire de la professionnalisation des enseignements engagée depuis quelques années dans ce département ministériel » tel qu’indiqué par certains responsables ministère des enseignements secondaires et repris par Nkoussa participe de modifier de fond en comble le contenu des formations de l’enseignement technique pour celui rime véritablement avec la nécessité de professionnaliser les enseignements. On peut donc se féliciter de cette initiative gouvernementale et souhaiter que la professionnalisation s’accélère. Seulement, les autres défis sont là pour rappeler combien le chantier est grand et difficile. Il est donc important pour tous les acteurs de l’éducation (Etat, parents, élèves, enseignants, syndicats…), chacun pour ce qui le concerne de s’inscrire dans une dialectique constructive qui permettra, in finé, de mettre en place un système éducatif qui forme des citoyens capables de s’appuyer sur les connaissances universelles pour transformer leurs environnements locaux aux fins de répondre aux besoins qui sont les leurs.

Références bibliographiques
Carrel A., (1965), L’homme, cet inconnu, Paris : Plon.
KAKDEU L. M., « Cameroun : Manque de professionnalisation de l’enseignement » article publié le 20 août 2014 sur www.LibreAfrique.org
Nkunke Ngouaba E., « enseignements secondaires: les douze grands défis qui attendent le ministre », article publié le 08 octobre 2015 sur  http://www.lanouvelleexpression.info
Nkoussa J. M., « Cameroun – Enseignements secondaires: Les programmes de l’enseignement technique en révision » article publié le 16 septembre 2016 surwww.cameroon-Info.Net


[1] Les autres régions du Cameroun à savoir l’Adamaoua, l’Est, le Nord, l’Ouest et du Sud-ouest vont bénéficier des projets de la même envergure.
[2] Enseignant et analyste de l’éducation.

 PARUTIONS

Les sciences sociales au Sénégal : Mise à l’épreuve et nouvelles perspectives. Sous la direction de Mamadou Diouf & Souleymane Bachir Diagne. CODESRIA, Dakar, 2016, 284 p., ISBN : 978-2-86978-709-4

disponible en texte intégral à l’adresse http://www.codesria.org/spip.php?article2654&lang=en

Une thèse de doctorat intitulée « La problématique de la résistance et de la collaboration dans l’Est Cameroun » a été soutenue le 14 septembre 2016 au département d’histoire de l’Université de Douala par le nommé Mbeng Ndang Hans Gilbert. Cette thèse qui a reçu la mention très honorable, s’inscrit dans la spécialité Etat Politique et Relation Internationale.

Pierre Célestin Mboua, enseignant et chercheur au département de psychologie de l’Université de Dschang vient de publier dans la revue « Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux (n° 56) » un article intitulé « Le rôle des traumatismes familiaux dans l’émergence des troubles délirants chez deux jeunes adultes camerounaises de culture grassfield ». L’article est disponible sur www.cairn.info

OPPORTUNITES
  • Cours en ligne :

L’Université Grenoble Alpes en collaboration avec  l’UGAle Cnam, et HEC Montréal vous propose cours en ligne intitule « Innovation et société ». Ce cours aborde les problématiques et les enjeux socio-économiques liés à l’innovation tels qu’ils sont vus en management, en sociologie, en économie et enfin en philosophie. L’objectif de ce cours est de vous faire découvrir quatre approches complémentaires de l’innovation dans la société actuelle. Il vous donnera des clés de compréhension sur l’origine, le processus et les conséquences de l’innovation en s’appuyant sur des connaissances issues du management, de la sociologie, de l’économie et de la philosophie de l’innovation. Le cours démarre le  03 octobre et  s’étale sur 5 semaines. Les inscriptions coure jusqu’au 15 novembre.

  • Appel à Candidature :
  • L’appel à candidatures pour la 8e édition du Prix de la Francophonie pour jeunes chercheurs est ouvert. Ce prix, créé par l’AUF, vise à reconnaître le mérite et la valeur d’un(e) chercheur (se) ayant acquis une reconnaissance scientifique et ayant réalisé une percée internationale significative, en particulier dans le cadre de la Francophonie, et essentiellement à travers sa productivité scientifique.
Ce prix concerne les champs disciplinaires des sciences  médicales et des,sciences humaines et sociales.
Toutes les informations sur le dossier de candidatures sont disponibles à l’adresse suivante : https://formulaires.auf.org . La date limite de recevabilité des dossiers est fixée au 15 novembre 2016 à 14h00, heure de Montréal (18h00 GMT).
  • La Revue africaine de méthodologie des sciences sociales du « Codesria » lance un appel à contribution pour son prochain numéro qui aura pour thème  « Fractures épistémologiques dans un monde globalisé : normalisations, contestations et alternatives dans les sciences sociales ». Les
    éditeurs sont particulièrement intéressés par des contributions basées sur des
    expériences de terrains, utilisant des matériaux empiriques et pouvant être
    classées dans la rubrique Questions de terrain. Les propositions de contributions sont attendues pour le 30 octobre 2016. Les correspondances sont à adresser à Chloé Faux : methodes.review@gmail.com

Pour plus d’information visitez le site du « Codesria » ou allez sur le lienhttp://www.codesria.org/spip.php?article2652&lang=fr

Ont collaboré à la réalisation de ce numéro : Marius Tchassep, Gyscard Pola, Grégoire Tignoga, Guy BertrandTengpe.